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Sur les traces de Robin des Bois (1)

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Écrit par Emmanuel Brisson   
30-07-2008

Il y a quelques années, j'ai fait une série de reportages sur des personnages mythiques. Objectif, mettre en lumière ce qui appartient à l’Histoire, et ce qui relève de la légende. En télé, c'est en fait assez difficile de trouvez des programmes pour diffuser ça. Il n'y a pas beaucoup de cases pour les docs. Et c'est difficile également, si on veut raconter un sujet de fond, de satisfaire à la fois au média et à son format, et au sujet sans trop le trahir.

Voici une recherche effectuée en vue du tournage d'un documentaire. A la suite de ce premier texte, il y a la transcription du commentaire, et des interviews, du film de 26 minutes réalisé ensuite, et diffusé.

Une bonne occasion de juger de ce qu'on peut faire en amont, et de ce qu'on doit faire en aval !

Sur les traces du mythe de Robin des Bois

1) Londres - Contexte historique

Westminster Hall. Lieu central de l’autorité anglaise depuis Guillaume le conquérant, plusieurs fois détruit et toujours rebâtit, c’est là que résidait Édouard II, roi d’Angleterre à l’époque des premières traces de Robin des Bois. Avec l’abbaye du même nom, ces endroits sont l’occasion de situer le contexte historique. Jean sans Terre, le fameux prince Jean, tenta d’usurper la couronne alors que son frère la roi Richard cœur de lion participait à la 3° croisade.

Le surnom de ce prince qui doit sa moderne célébrité à Robin des Bois, lui vient de la perte de ses possessions française en 1202 : cité devant les pairs de France, et condamné, il avait enlevé Isabelle d’Angoulême pour en faire sa femme.

Il succèdera à Richard à la mort de celui ci en 1199, au détriment de son neveu Arthur de Bretagne, qu’il fera assassiner en 1203.

Quant au bon roi Richard, la légende retient surtout de lui son courage lors des combats en terre Sainte. Pourtant, si l’homme était parfois magnanime, il lui arrivait aussi d’être cruel. Ainsi, il fit exécuter 2700 sarrasins, après leur avoir enlevé Acre en 1191.

Son enlèvement qui motiva, selon les traces tardives de la légende, le combat de Robin des Bois, fut orchestré par Léopold 5, Duc d’Autriche, qui le livra à l’empereur germanique Henri IV.

Contre une importante rançon, réunie par Robin selon des textes, cette fois récents, il retrouvera la liberté en 1194 et, de retour en Angleterre, fera la paix avec son frère Jean (John).

2) Mais qui est Robin des Bois ?

Depuis le début du 16° siècle, on a fait de cette histoire plus de 60 versions en prose, 30 pièces de théâtre, 7 opéras et un bon nombre de films portés par des acteurs aussi charismatiques que Douglas Fairbanks, Errol Flynn et Kevin Costner. Mais avant l’apparition du cinéma, la renommée de Robin des Bois a déjà commencée à s’étendre grâce à la parution du roman de Walter Scott en 1819, Ivanhoé. Cette version de Robin des Bois est considéré comme l’un des premiers romans historiques. C’est ce roman qui contribuera d’abord à faire connaître le héros à l’extérieur de ses frontières.

Quant à savoir qui était vraiment Robin des Bois, il est difficile de donner une réponse précise à cette question. Si l’histoire de ce voleur au grand cœur est arrivée à nous déformée et donc légendaire, l’origine historique d’un ou de plusieurs personnages inspirateurs est avérée pour de nombreux historiens. Ces chercheurs et archivistes tentent toujours de mettre en lumière une vérité, et cherchent les traces d’un vrai Robin des Bois.

Déjà, Robin n’est des « Bois » que chez les francophones, victime d’une mauvaise traduction de son nom. Le vrai, c’est Robin Hood, en français Robin au Capuchon.

De plus Robin, ou Robert, est au moyen âge, l’un des prénoms les plus communs. Hood n’est d’ailleurs pas spécialement inusité non plus, et particulièrement dans le Yorkshire, où plusieurs des plus anciennes histoires de Robin des Bois sont situées.

3) Un centre de recherche

Nous sommes à Rochester, dans le comté de Kent, au sud-est de l'Angleterre. La région est un véritable musée médiéval (Canterbury, Winchester...). C’est ici, dans une vieille et vénérable université que l’on trouve toutes les informations, textes et archives compilés, sur Robin des Bois, et autres "outlaws" qui auraient pu inspirer le mythe.

Grâce à ces travaux, on a pu définir quelques pistes.

La première allusion écrite au personnage de Robin des Bois dont nous disposons aujourd’hui se retrouve dans le texte de William Langland « The Vision of William Concerning Piers the Plowman » de 1377. Dans un vers, un aumônier ivre se réprimande de savoir les rimes de Robin Hood mieux qu'il ne sait ses prières. Ces rimes n'ont pas survécu mais elles étaient évidemment si bien connues à l’époque de Langland qu'il les cite dans son texte sans autres références.

Ces rimes devaient être issues d’une série de ballades chantées par les ménestrels, sans doute la source du mythe. Des ballades qui constituent une source précieuse sur le climat politique et social de l’Angleterre médiévale.

En fait, ce sera le chroniqueur écossais John Major (16° siècle) qui le premier situera l’histoire de Robin à la fin du 12° siècle. C’est la première fois qu'elle est reliée a la période du roi Richard. La principale influence de John Major pour dater ainsi la légende pourrait être l’histoire de Fouke le Fitz Waryn, un noble hors la loi, ennemi de l’autorité. Fouke, dont la geste originale est en vieux français, est issu d’une famille française originaire de Metz.

Plus près de nous, en 1852, Joseph Hunter, un archiviste, mis en lumière un homme nommé Robin Hood qui était en fait un valet du roi Edward II dans le nord de l’Angleterre. Il aurait laissé un peu de son empreinte dans la geste de Robin. Pourtant, rien ne permet d’affirmer que cet homme ait été un jour considéré comme un hors la loi.

Plus récemment, d’autres archivistes ont trouvé des traces d’un criminel, connu des autorités médiévales sous le nom de Hood, R.

4) Aux origines de la légende - les Bois de Barnsdale - Yorkshire

Robin des Bois est un mythe qui s’est construit génération après génération, en fait pour toujours correspondre aux attentes du moment de son public.

En remontant vers le nord du pays, on remonte aux premières traces de la légende.

Le plus ancien des Robin des Bois est non pas un noble, mais un « homme libre », un "yéoman", la "middle class", d'alors. Il avait pour refuge les Bois de Barnsdale, et non Sherwood. Sa lutte est celle d’un homme épris de liberté et de justice, détrousseur de grands chemins, ami des pauvres contre les riches.

L’archiviste Hunter fit la spéculation que son Robin Hood était le nommé Robert Hood, un habitant de Wakefield, où il y est déclaré dès 1316. Wakefield n’est qu’à une quinzaine de kilomètres de Barnsdale. Autre fait troublant pour Hunter, la femme de ce Robert Hood s’appelle Matilda, le nom donné à lady Marianne dans plusieurs pièces de théâtre. Enfin, un auteur découvrit plus tard que Robert, comme le Robin des Bois de plusieurs récits, pouvait avoir été le fils d’un forestier nommé Adam.

Hunter, et plusieurs chercheurs après lui, pensèrent que Robert Hood de Wakefield avait été impliqué dans la rébellion contre le roi Edward II dirigée par Thomas de Lancaster en 1322. Déclaré hors la loi, il aurait reçu le pardon lors d’une visite royale à Nottingham en Novembre 1323.

Mais il n’y a pas de preuve tangible de cette théorie. Ce qui ne l'empêche pas de garder beaucoup de fans.

Ces recherches positionnent Robin des Bois au 14° siècle. Mais des indices permettent de penser qu’il était également vivant au 13° siècle.

Ainsi, un autre postulant au titre de vrai Robin des Bois, l’inspirateur du mythe, fut en effet découvert par un chercheur en 1936. La lecture d’archives d’assises tenues dans le Yorkshire en 1225 font mention d’un Robert Hod (Hood ?), fugitif, habitant de York en conflit pécuniaire avec une congrégation religieuse. Et l’on sait, toujours par les textes des vieilles ballades, que Robin combattit contre un abbé de cette même ville. Malheureusement, la plupart des actes ont été perdus. On en sait donc très peu sur ce hors la loi dont certains pensent qu’il s’agit, sous ce pseudonyme, d’un bandit du nom de Robert de Wetherby qui, selon les mêmes archives, aurait été pendu par les soins du sheriff adjoint local, Eustace de Lowdham. Et ce point est intéressant, car ce même homme de loi était, selon des chercheurs, connu ici sous le nom de sheriff de Nottingham, son ancien poste !

En fait, la seule chose dont on peut être sûr aujourd’hui de ces deux partisans au premier rôle, c’est qu’ils étaient tous les deux des hors la loi. Ce qui ne fut pas le cas de plusieurs autres tenants du titre vivant à la même époque.

5) Sur la route de Nottingham - dans le Rutland

Dans des versions en prose de l’histoire, on apprend que Robin est en fait issu de l’aristocratie, qu’il se nomme Robert Fitzooth, comte de Huttingdon. C’est d'ailleurs ainsi que Walter Scott décrira son Ivanhoé.

Dès 1599, Anthony Munday écrit deux pièces où il fait de Robin le comte de Huntingdon. Personne ne sait pourquoi l’auteur d’alors fit cette correction. Peut-être pensa-t-il que la phonétique du nom (hunter = chasseur) sonnait bien ! Peut-être fut-ce pour le bien de la propagande d’un comte de cette époque. Ou peut-être s’est-il inspiré de la vraie vie du comte de Huntingdon, contemporain des règnes de Richard et de Jean, une époque qui est d’ailleurs la toile de fond des pièces.

En tout cas, la piste est d’importance car on a constaté qu'il y avait dans la vie de ce seigneur, des éléments bizarrement proche de la carrière de Robin.

Ainsi, sa femme qui s’appelait Maude, était aussi nommé Matilda (une forme de Maude). Dans les pièces de Munday, le vrai nom de Marianne est Matilda Fitzwalter.

Autour du Comte de Huntingdon se cristallisent en fait beaucoup d’éléments et de noms de lieux relatifs à l’histoire de Robin des Bois, comme Nottingham, les Fitzwalter (que l’on retrouvera donc dans Ivanhoé), le roi Richard, et le prince jean contre lequel il se rebella. Mais un point rend cette piste moins séduisante : Pendant la période médiévale, le lieu était appelé Bernardshill.

Personne n’est donc sûr, aujourd’hui, de la viabilité de la piste. Mais il est permis de penser que Munday subit lui même l’influence de ces éléments quand il choisit de relier la légende à ce morceau d’histoire.

Il est à noter que, pour tout le monde depuis Ivanhoé, Robin des Bois est un Saxon qui se bat contre les Normands. Pourtant, Fitzooth est un nom normand, comme Robert et Robin. En fait son combat contre les Normands ne sera évoqué qu’à partir du texte de Walter Scott, Ivanhoé.

6) Sur la route de Nottingham - Loxley (Yorkshire)

Un manuscrit anonyme (appelé le manuscrit Sloane) datant de la fin du 16° siècle donne une nouvelle précision. Robin serait né à Lockesley dans le Yorkshire en 1160.

Cette date de naissance au 12ème siècle place ce Robin Hood dans les règnes de Richard Cœur de Lion et de son frère John.

Mais quant à la localisation de Loxley, d’autres pistes braqueront plus tard les projecteurs sur un autre village dans le Warwickshire.

On sait maintenant que l’un des noms de fiction de Robin des Bois est Robert Fitzooth. Et lors des règnes d’Henry II et de Richard I, un chevalier du nom de Robert Fitz Odo vivait à Loxley. Si on n'a pas d’éléments permettant de dire si ce chevalier fut jamais un hors la loi, on trouva troublant que des gravures anonymes de la tombe de Robin ressemblaient à une tombe de Loxley.

Mais sur cette piste, sans plus de preuves, on ne peut que spéculer.

7) Nottingham

Nottingham fut anciennement un lieu de peuplement saxon, conquis par les Danois au IX° siècle.

On peut suivre, au coeur de la ville, une reconstitution un peu théâtrale de l’histoire de Robin des Bois. Le spectacle se nomme « The tale of Robin Hood »

Pour nous, Nottingham est d’abord synonyme du lieu de résidence du meilleur ennemi de Robin, le shérif de nottingham. Pourtant, au temps de Robin, cette ville n’avait pas de sheriff. Le premier poste fut en fait créé en 1449, autour de 70 ans donc après la première référence littéraire de notre hors la loi.

Mais il y eu bien des shérifs historiques, sinon de la ville du moins du comté, et ce depuis des siècles avant les temps qui nous occupent. Et parmi eux, quelques historiens ont cherché à trouver un personnage qui aurait pu être à la base de l’inspiration du mythe de ce shérif.

Plusieurs histoires de corruption des tenants de ce poste existent. Les historiens se sont ainsi demandé si ces récits n’avaient pas permis de construire le profil du principal adversaire de Robin.

Certains d’entre eux, comme Sir Robert Ingram, se sont un moment ligué avec des hors la loi. Celui-ci fut ainsi un allier du gang Coterel, notoirement célèbre entre 1334 et 1339. D’autres, comme John de Oxenford, furent eux mêmes des hors la loi.

L’un des candidats préférés des historiens au rôle de l’infamant shérif eut également des problèmes judiciaires. Henry de Faucemberg était shérif des comtés de Nottingham et du Derby de novembre 1318 à novembre 1319, et plus tard encore entre 1323 et 1325. L’homme était criblé de dettes vis à vis de la couronne, et il existait contre lui des plaintes de droit commun pour cause d’extorsion de fonds.

Il fut en tout cas en poste pendant le temps du Robin le mieux admis par ces chercheurs, ce qui en fait un postulant original. De plus, le même fut également en poste dans le Yorkshire entre 1325 et 1327. On suggère donc que l’homme doit être le même qu’un Henry Fauconberg, de Wakefield dans le Yorkshire, le foyer du Robin le plus vraisemblable, Robert Hood.

D’autres chercheurs ont tenté de chercher d’autres sources inspiratrices du mythe plus loin, dans des temps correspondant aux règnes de Richard ou de Jean.

Certains proposeront ainsi le nom de Philip Mark, sheriff de 1209 à 1224, à cause sans doute de sa perception très personnelle de la justice. Mais c’est son adjoint, le deputy sheriff Eustace de Lowdham, qui va retenir l’attention de la plupart des historiens de Robin des Bois, car il fut réellement l’ennemi des plus sérieux postulants au rôle de Robin des Bois. C’est ainsi lui qui fut responsable de la confiscation des biens de Robert Hood, lui encore, on l’a vu, qui fit pendre Robert de Wetherby. (deux hommes qui sont donc peut-être une seule et même personne)

Cependant, il faut se souvenir que dans les récits de Robin des Bois, le shérif n’est jamais appelé par son nom, par le terme de shérif de Nottingham. Ce qui pourrait permettre de supposer qu’il n’a pas été inspiré par une unique personne.

A partir du château de Nottingham, démarre un itinéraire qui traverse plusieurs sites liés à Robin des Bois, jusqu’à Sherwood.

8) Vers la forêt de Sherwood - Blidworth

Le cimetière de Blidworth , au sud de Mansfield est l’endroit ou repose l’un des plus fidèles compagnon de Robin, Will Scarlett.

Dans les plus anciennes ballades où il est mentionné, Will Scarlett porte bien des noms, comme Scatheloke, Scarlock, Scadlock, et enfin Scarlett.

On en a retrouvé quelques uns de réels.

Un William Scarlett, hors la loi qui reçut le pardon royal en 1318. Et deux ans plus tôt, un William Schakelock, soldat de la garnison de la ville de Berwick en 1318. Encore une fois, pour chacun d’eux, leur temps correspond bien à celui de Robin des Bois, enfin du Robin préféré des historiens…

Will Scarlett, dans les plus vieux récits, est un parent de Robin des Bois, son cousin ou son neveu.

9) Fountaindale, près de Blidworth

On sait que frère Tuck obtient sa renommé d’une ballade datant de 1475.

Il défit Robin Hood à une épreuve de la force dans Fountaindale, au nord de Ravenshead. Dans ce récit, il n’est pas encore le personnage bien en chair et jovial que nous connaissons. S’il le devient, c’est peut-être parce qu’il fut inspiré d’un personnage réel.

Par deux fois en 1417, des édits royaux demande l’arrestation du chef d’une bande de hors la loi. L’un d’eux précise qu’il « porte nouvellement le nom de frère Tuck ».

Une lettre de plainte d’un châtelain précise encore qu’il est gros, et donne des précisions pour l’identifier.

Quant à son côté jovial, frère Tuck le tirerait du mélange de son personnage avec celui d’un autre moine, issus des personnages caricaturés pendant les fêtes de Mai, un événement annuel à comparer avec notre fêtes des fous médiévale.

10) A l’entrée de la forêt de Sherwood - Edwinstowe

Dans le village d'Edwinstowe, la Sainte Mary’church est dite l'"église dans la forêt". Et c'est ici que Robin a épousé Marianne. Une série de peintures y dépeint l'événement

Marianne n'apparaît pas dans les ballades les plus anciennes. Elle est citée plus tard, dans les versions en prose. Son vrai nom est alors Matilda, fille de Fitzwalter, baron de Bayard et de Dunmow

Le personnage serait, dans certaines anciennes pièces de théâtre, probablement inspirée d’une histoire romantique médiévale française, Robin et Marion, un berger et une bergère.

Mais son origine exacte reste inconnue. Rappelons que son nom nous interpelle. Matilda est le nom de la femme de Robert Hood qui vécut à Wakefield vers 1310, et qui est probablement la même personne que le Robyn Hood de la décade suivante. Ce nom est aussi celui de la femme du vrai comte de Huntingdon.

11) La forêt de Sherwood

Le meilleur endroit pour démarrer une visite de cette foret est de passer au centre des visiteurs.

A 20 minutes de marche de là, on peut vois le fameux Major oak, le chêne qui aurait servi de refuge à Robin des Bois.

La tradition des récits veut que Robin braconnait les gibiers royaux dans cette foret qui était établie comme conserve royale de chasse au 10ème siècle. Les gens convaincu de braconnage, simplement surpris dans la foret avec un chien de chasse, encourait la décapitation pour lui même et pour son chien. Être appréhendé avec un arc et des flèches suffisait d’ailleurs à être puni.

Dès le 16ème siècle, les récits et les ballades avaient établi la forêt de Sherwood comme maison de Robin Hood. Aujourd'hui la forêt et ses clairières secrètes constituent l'une des quelques dernières portions de la région boisée médiévale en Grande-Bretagne.

Protégé comme site d'intérêt scientifique spécial, la forêt de Sherwood est aujourd’hui un refuge pour les colonies rares de l'araignée et du coléoptère aussi bien que des mycètes et le lichen.

12) En quittant la forêt de Sherwood - Worksop et Retford

Les vieilles villes de Retford et Worksop. Depuis le moyen âge, les gens viennent de loin pour venir au marché qui se tient deux fois par semaine dans ces villages situés à l’orée de la foret de Sherwood..

13) Sur la route de Sheffield - Hathersage (Derbyshire)

Une des premières recrues de Robin c’est bien sûr Petit Jean, un homme d'immense stature. Sa tombe peut être vue au cimetière de Hathersage dans le Derbyshire.

Il y a plusieurs candidats historiques au mythe de Petit Jean. Le plus connu vient justement de Hathersage.

Dans cette tombe, on a trouvé un os provenant effectivement du squelette d’un homme très grand. Mais rien ne prouve que ceci provienne du Petit Jean historique.

Dans la ballade « Robin Hood and Little John », on apprend que son vrai nom est John Little. Et des historiens ont trouvé plusieurs candidats portant ce nom.

Ainsi, un sheriff de Londres, entre 1354 et 1367. Un criminel de ce nom était connu à la même époque. Et puis encore un braconnier dont la bande exerçait dans le Yorkshire.

Mais le candidats préféré de certains chercheurs est un John Little qui commandait un navire royal en 1320. Celui-ci à l’avantage d’avoir vécu à la même époque que le candidat « Robin » favori de ces mêmes Historiens. Mais rien ne permet pourtant d’affirmer que ces deux "légendes" se connaissaient, ou même que ce John fut un hors la loi.

14) Mythe ou légende

Peut-être ne sauront nous jamais comment a vraiment démarré la légende de Robin des Bois.

Depuis plusieurs siècles, nombreuses sont les anecdotes qui montrent combien cette histoire a été mythifiée. Ainsi, en 1498, un Roger Marshall dû se défendre dans un procès de l’accusation de rébellion. Il avait usé du pseudonyme de Robin Hood pour ses actions, et argumenta que celles-ci étaient typiques des pratiques du célèbre hors la loi.

On note aussi, qu’en 1469, les manifestants d’une foule de mécontents hurlaient : « nous sommes les hommes de Robin des Bois ».

Et nombreux sont les autres cas d’appropriation du nom, et par extension, de la personnalité de Robin Hood. Même encore de nos jours, la Grande Bretagne recensent des hors la loi, des mouvements écologiques, entre autres, qui choisissent de porter ce nom.

Ce qui fait dire à ceux qui ne croient guère au caractère historique de Robin des Bois, que Robin Hood était peut-être dans le temps un surnom pour les criminels. Un Robin Hood, comme on aurait dit chez nous, un monte en l’air !

D’ailleurs, certains chercheurs considèrent que toute cette histoire est une vrai fiction, aussi légendaire que le père Noel. On devient père Noel en offrant des cadeaux aux enfants, comme on devient Robin Hood en étant hors la loi.

Et de l’expliquer, en rappelant qu’au moyen âge, Robin étant un nom couramment donné au Malin, au Diable. Et que Robin est traditionnellement habillé de vert, la couleur celte de la mort…

 

 

 

 

 

 

 

 

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De Ryszard Kapuscinski , "Autoportrait d'un reporter" (Plon 2008), publié sur "leblogde21.com".

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