Transcription du commentaire du film
Nottingham, au coeur de l’Angleterre. Dans cette ville où Guillaume le Conquérant édifia son premier fort, s’est forgé à travers les temps l’un des plus grands mythes de Grande Bretagne : Robin des Bois. Un mythe qui continue de vivre sous de nombreux visages, comme ici dans les couloirs de : "la légende de Robin des Bois".
InTervieW DARREN MITCHELL - Comédien “Robin des Bois”
- Mon travail, c’est d’être Robin des Bois. C’est ce que je fais ici.
- Le tir à l’arc existe depuis 25 à 50 milles ans.
- Si on se base sur les dessins recueillis dans les livres, les journaux et d’après les dessins de l’époque, c’est comme ça qu’on s’habillait. Ce sont ces mêmes tissus qu’on employait.
- Nous avons ici une flèche pour grand arc qu’on emploi depuis plus de 1000 ans pour pénétrer les cottes de mailles.
- Et voici un grand arc. Il mesure environ 1.80, mais cela dépend de l’archer. Les gens, à l’époque, étaient plus petits que nous aujourd’hui.
En fait, Robin n’est des « Bois » que chez les francophones, victime d’une mauvaise traduction de son nom. En Angleterre, on l’appelle Robin Hood, c’est-à-dire, en français, Robin au Capuchon.
- La plupart des gens ont tendance à accepter l’idée qu’il y est bien eu un vrai Robin des Bois, et que j’en suis l’incarnation contemporaine. C’est un peu bizarre, mais c’est marrant. Les gens n’ont jamais de questions très pointues à propos de cette époque. On ne me demande rien de très profond. Ça se limite à : “Vous êtes le vrai Robin des Bois ?”
Depuis le début du 16° siècle, l’histoire de Robin des Bois a inspiré plus de 60 versions en prose, 30 pièces de théâtre, 7 opéras et un bon nombre de films portés par des acteurs aussi charismatiques que Kevin Costner, Errol Flynn ou Douglas Fairbanks.
Mais avant l’apparition du cinéma, la renommée de Robin des Bois a déjà commencé à s’étendre grâce à la parution, en 1819, d’un roman de Walter Scott : Ivanhoé. C’est cet ouvrage qui contribuera à faire connaître Robin à l’extérieur de ses frontières.
Nottingham est au coeur de l’histoire du célèbre archer. D’ailleurs, la ville continue d’exploiter le mythe. Elle propose des attractions sous forme de voyage dans le temps, « odorama » garanti !
Mais qui était vraiment Robin des Bois ? Difficile de répondre avec précision. Si l’histoire de ce voleur au grand cœur est arrivée à nous déformée et donc légendaire, la réalité historique d’un ou de plusieurs personnages inspirateurs est avérée pour de nombreux historiens.
Ces chercheurs et archivistes tentent toujours de mettre en lumière une vérité, et cherchent les traces d’un vrai Robin des Bois.
Au Moyen Age, Robin, ou Robert, est l’un des prénoms les plus communs. Et Hood, est un patronyme déjà très courant.
C’est John Major, un chroniqueur écossais du 16° siècle, qui relie pour la première fois l’histoire de Robin à la période du règne du roi Richard.
L’église Sainte Marsie de Nottingham date de cette époque. Elle aurait reçu plusieurs fois la visite du héros anglais.
ITW REVEREND EDDY NEAL - EGLISE Ste MARY
- Nous sommes dans l’église Sainte Marsy, de l’ancien marché au dentelles de Nottingham. Elle n’a que 500 ans. Mais l’église d’origine, sur ce site, remonte à plus d’un millier d’années.
- On raconte que Robin des bois est venu dans cette église. C’est plausible, puisque le château se trouve près d’ici. Elle était la paroisse principale de Nottingham.
- La légende raconte que Robin serait venu assister à la messe, sans porter de déguisement, et qu’il aurait été reconnu par les hommes du shérif. Avec des renforts venu du château, ceux ci auraient tenté d’arrêter Robin dans l’église. Il y aurait eu un grand combat avec des épées s’agitant de toutes parts. On aurait donc ensuite arrêté Robin, pour l’enfermer dans le château là bas.
- Voici la plus ancienne partie de l’église, le porche, qui d’ordinaire se trouve de l’autre côté de l’édifice. Ce porche ci est situé en plein milieu, peut-être parce qu’il est une partie de l’ancienne église.
- Robin des Bois a tout a fait pu, si c’est bien une ancienne partie - ce que je crois ... Robin des bois a dû passer par ce porche pour venir adorer Dieu.
- On voit au sommet, parmi les sculptures anciennes, une petite créatures des bois, que l’on distingue bien, tirant la langue pour éloigner les mauvais esprits et s’assurer qu’ils n’entrent pas dans l’église.
- Nous avons ici un autre exemple de créature des bois, avec du feuillage sortant de leur bouche. C’est un symbole de fertilité que l’on retrouve beaucoup en Angleterre. Robin des Bois est peut-être aussi une forme mythique de ces gens qui vivaient dans la forêt, et y travaillaient... Le petit peuple des forêts...
- En tout cas, c’est quelques choses qui est parfaitement plausible. Le fait de vivre dans la forêt, et de voler aux riches pour distribuer l’argent aux pauvres.
- Il existe un poème qui raconte sa légende, mais il ne remonte pas aux origines présumées de Robin des Bois. Personnes ne peut affirmer avec certitude si Robin a existé ou non. Il est entré dans la mythologie anglaise. Mais ici, à Nottingham, nous sommes tous convaincu qu’il a bien existé.
La première allusion écrite au personnage de Robin des Bois dont nous disposons se retrouve dans un texte de William Langland de 1377. Dans un vers, un aumônier ivre se réprimande de savoir les rimes de Robin Hood mieux qu'il ne sait ses prières. Ces rimes devaient être issues d’une série de ballades chantées par les ménestrels, sans doute la source du mythe.
Depuis le 16ème siècle, on considère que la forêt de Sherwood était le repaire de Robin des Bois. Aujourd'hui, cette forêt située à 32 km de Nottingham, est l’une des dernières zones boisées d’Angleterre héritées de l’époque médiévale.
Dans ces bois, la principale attraction, c’est le Major oak. Un chêne de 800 ans qui aurait abrité Robin et sa bande.
Pourtant, à cette époque, il n’avait que la taille d’une brindille !
ITW DEBBY BRAUND - COUNTRY PARC RANGER
- La forêt de Sherwood est un endroit particulier. Si on veut la préserver pour les générations futures, il faut en prendre soin aujourd’hui.
- Ici, il y a de nombreux chênes anciens. Tous ne sont pas toujours vivants. Certains, comme cet arbre-ci, sont morts. Mais nous ne les abattons pas, parce qu’il constituent un habitat idéal pour la faune. Des guêpes, des araignées, des oiseaux, toutes sortes d’animaux peuvent y vivre. C’est un endroit formidable pour le développement de la vie, et vital pour la survie de la forêt.
- Au Moyen-âge, à l’époque de Robin des Bois, la forêt était bien sûr plus grande qu’aujourd’hui. Elle couvrait en fait 50 000 hectares et s’étendait jusqu’à Nottingham qui se trouve à 32 km d’ici. C’était donc un territoire très vaste, dont la moitié était recouverte de forêt. Le reste était à découvert. C’est à dire des landes, des villages, ce genre de choses...
- Le terme forêt était une appellation légale. Ce qui ne voulait donc pas nécessairement dire que les arbres recouvraient la totalité de la surface. Cela désignait un territoire sur lequel était appliqué la loi. Une loi prononcée par le Roi, à laquelle il fallait se soumettre.
- L’intégralité de la forêt de Sherwood était un terrain de chasse royal, et c’est pourquoi les lois forestières étaient appliquées à la région. Afin de protéger le gibier royal. Le roi venait ici chasser avec sa cour.
- Les forestier de l’époque étaient très sévères, et si on arrêtait un braconnier, il avait de sérieux ennuis. Le châtiment ultime était la pendaison si vous étiez pris sur le fait, les mains tachées de sang. On pouvait vous pendre pour votre crime !!
Pour en savoir plus sur Robin des Bois, les historiens se sont intéressés à son entourage. Ils ont tenté d’identifier ses amis et ses ennemis.
La douce Marsianne a donc aussi fait l’objet d‘enquête. On sait ainsi qu'elle n'apparaît pas dans les premières histoires de Robin des Bois.
Dans le village d'Edwinstowe, l’église Ste Marsy est dite l'"église dans la forêt". Robin y aurait épousé Marsianne.
Elle recèle, selon la tradition, un détail caché lié à ce mariage légendaire.
ITW RONALD CORNELIUS - ECRIVAIN
- C’est un fait, les différentes paroisses ne se disputent pas la cérémonie du mariage de Robin et Marsianne.
- Il n’y a pas d’archives en témoignant. On a autrefois mentionné ici des oeuvres d’art reproduisant la scène de l’union de Robin et de Marsianne, mais la seule indication que je puisse trouver, c’est un indice qui est révélé par le vitrail de l’aile Est de l’église.
- Sur le panneau central, on voit à gauche, au niveau du bras droit du personnage, ce qui ressemble a une représentation d’un visage féminin. C’est le seul lien potentiel dont j’aie connaissance. On voit clairement un visage. Mais rien ne prouve qu’il s’agisse d’une représentation de Marsianne !?
Sur l'identité d'une vrai Marsianne, les chercheurs ne font que spéculer. Mais on suppose que son personnage pourrait être inspiré d’une histoire romantique médiévale française, Robin et Marsion, un berger et une bergère.
Retour à Nottingham.
Pour nous, la ville est synonyme du lieu de résidence du shérif, l’ennemi acharné de Robin.
Au musée du château de Nottingham, nous cherchons des indices sur le célèbre représentant de la loi. Nous découvrons que la ville n’avait pas de shérif au 12e siècle.
Il y avait en fait jusque là un poste de shérif du comté de Nottingham. Dont l'histoire de la ville rapporte des affaires de corruption. Selon les historiens, elles auraient permis de construire le profil du célèbre méchant. Un adversaire vil et sans scrupules.
Nottingham a, aujourd’hui encore, son shérif. Nous n’avons pas résisté à l’envie de rencontrer l’héritier du mythique ennemi de Robin.
ITW ALI ASGHAR - SHERIF DE NOTTINGHAM
- Le statut de shérif a été maintenu à Nottingham depuis un millénaire environ. Il y a eu 938 shérifs de Nottingham.
- Mais le rôle contemporain du shérif tient plus de celui d’un ambassadeur, chargé de promouvoir, la notoriété de la ville, le tourisme...
- Mon rôle moderne tient donc plus du cérémonial. Notre système judiciaire a heureusement évolué depuis l’époque médiévale.
Le bureau de son illustre prédécesseur, lui, n’a pas changé.
- Le shérif d’alors avait pour habitude de s’asseoir ici même, d’y travailler, de collecter les impôts et veiller sur Nottingham. Il était le représentant du Roi.
- L’habit et la chaîne d’officier que je porte symbolisent le statut légendaire de shérif de Nottingham.
- A mon avis, Robin des Bois a vraiment existé et a vécu à Nottingham. On peut trouver des indications à ce sujet dans des documents du 13° siècle.
- En qualité de conseiller, et de par mes responsabilités, je suis impliqué en particulier dans la défense des droits des personnes âgées, ou défavorisées, handicapées, et je me bats pour leurs droits. D’une certaine façon, je fais le travail que l’on prêtait à Robin des Bois à son époque. D’ailleurs, je me sens plus proche de lui que du shérif d’alors !
Sous les remparts du château de Nottingham, se dresse un bâtiment qui a défié les siècles. C’est une auberge, “Ye Olde Trip to Jerusalem”, supposée être la plus ancienne d’Angleterre.
ITW CLAIRE UNDERDOWN - MANAGER
- Ce pub était réputé par les croisés qui faisaient halte ici sur leur route vers Jérusalem.
C’est un endroit qui est censé exister depuis 1189.
- Il y a quelques pubs à Nottingham et en Angleterre qui prétendent être plus anciens. Mais nous tenons probablement le plus vieux, de par la simple présence du château juste au dessus de nous. Nous brassons la bière ici depuis la nuit des temps pour le château comme pour les habitants de la ville de Nottingham.
- On aime croire que Robin des Bois est venu boire ici avec Marsianne... On ne sait jamais. C’est censé s’être passé par ici, alors on ne sait jamais. C’est possible...
Robin des Bois est-il venu dans l'auberge “Ye Olde Trip to Jerusalem” ? Peut-être. On imagine en tout cas assez bien l’un de ses compagnons, le frère Tuck, se livrer ici à l’un de ses passe-temps favoris : boire de la bière en abondance !
Frère Tuck tient sa renommé d’une ballade datant de 1475. Dans ce récit, il défie Robin des Bois dans une épreuve de force à Fountaindale.
Le cinéma nous montrera souvent cette scène de lutte.
En revanche, il n’est pas encore décrit comme le personnage bien en chair et jovial que nous connaissons. Il acquerra sa bonhomie légendaire au fil du temps.
Le théâtre de cette rencontre n’est pas facile à localiser. Heureusement, un gentleman farmer va nous donner quelques indications.
ITW FERMIER
- Il faut passer cette barrière, traverser le bois, puis tourner à gauche. Et quand on arrive au bois suivant, c’est juste là. On ne peut pas se tromper. Selon la légende, ils se sont battus sur un pont et frère Tuck a fait tomber Robin des Bois de ce pont. C’est tout ce que je sais.
L’endroit est surtout prétexte à une balade en forêt.
Par deux fois en 1417, des édits royaux demande l’arrestation du chef d’une bande de hors la loi. L’un d’eux précise qu’il « porte nouvellement le nom de frère Tuck » .
Une lettre de plainte d’un châtelain précise encore qu’il est gros, et donne des précisions pour l’identifier.
Son côté jovial est inspiré d’un autre moine, un bon vivant issu des personnages caricaturés pendant les fêtes de Mai. Un événement comparable à notre médiévale fête des fous.
Nous sommes maintenant à Blidworth, toujours dans cette région où s’étendaient autrefois les bois de Sherwood. Selon de vieux textes, Marsianne est une enfant du village. Mais Blidworth est aussi l'endroit où repose un autre compagnon de Robin : Will Scarlett, c‘est à dire l‘écarlate.
Souvenez vous. Dans le dessin animé de Disney, c’est le coq avec son luth !
ITW REVEREND B. ALLSOP
- Il y a plein d’endroit par ici qui évoque des aventures de Robin des Bois. Peut-être qu’il a finalement existé.
- Il allait et venait par ici à travers la forêt, et on raconte que Will Scarlett est enterré ici, dans le cimetière.
- Notre église est très ancienne, et le cimetière est plein de très vieilles tombes. Certaines sont celles de gens assez riches, certaines autres celles de pauvres ou de prêtres locaux qui ont officié ici à travers les siècles.
- Ce monument marque l’endroit où Will Scarlett est censé reposer. On l’a mis là pour que les gens trouvent l’endroit facilement.
- L’église est ici depuis le 14° siècle. Et le cimetière était là à cette époque. J’ignore ce qui pouvait bien se trouver là avant.
Dans les plus anciennes ballades où il est mentionné, Will l’Ecarlate est un parent de Robin des Bois, son cousin ou son neveu.
Des recherches ont permis d’identifier au moins 2 personnages du 12e siècle qui pourrait avoir inspiré ce compagnon de Robin.
- C’est assez stimulant de penser au passé, et de se demander comment ça pouvait être à l’époque, de se dire que des gens vivaient, se mariaient et faisaient vivre l’église. Ils contribuaient à l’Histoire et ce serait dommage de perdre trace de tout ça.
Pour trouver d’autres traces de Robin des Bois, nous nous rendons plus au nord, vers le Yorkshire. Plusieurs des plus anciennes histoires de Robin se déroulent dans ce comté.
Un manuscrit anonyme de la fin du 16° siècle précise même que Robin serait né à Locksley, en 1160.
Une des premières recrues de Robin c’est bien sûr Petit Jean. Sa tombe se situe dans le cimetière de Hathersage dans le Derbyshire.
Dans la ballade « Robin Hood and little John », on apprend que son vrai nom est John Little. On a identifié plusieurs personnages qui pourraient être ce John Little. Le préféré des historiens est justement originaire de Hathersage.
ITW LESLEY BADGER - GUIDE TOURISTIQUE
- C’est à cet endroit que la pierre tombale de Petit Jean a été trouvée, il y a 600 ans voire plus, lors de la modernisation de cette église au 14° siècle. Pourtant, à ma connaissance, la tombe qui est là, à l’extérieur, a toujours été à cette place. Il y a donc un mystère autour de cette histoire.
Cette pierre tombale est maintenant conservée sous le porche de l’église, à l’abri des intempéries.
- La raison principale pour laquelle nous croyons qu’il s’agît de la pierre tombale de Petit Jean est qu’un L pour little est gravé ici. mais ici, cela ressemble maintenant plutôt à un I et non un J. Il y a donc un doute quant à l’appartenance de cette pierre à la tombe de Petit Jean.
- Voici la tombe de Petit Jean. Au milieu du 19° siècle, vers 1850, l’homme le plus influent de la ville de Hathersage, a décidé d’ouvrir la tombe pour voir ce qu ‘elle contenait.
- On a trouvé à l’intérieur, en tout cas d’après ce qui a été noté dans les archives de l’époque, un fémur de 81 cm de long. Alors dans ce tombeau, repose effectivement le squelette d’un homme de très grande taille.
- On a d’abord conservé ce fémur en dehors de la tombe. Malheureusement, toutes les personnes qui touchaient cet os, étaient frappés par des accidents ou des maladies. Alors, après 50 ans, on a décidé que le mieux était qu’il retourne ici, dans cette tombe.
- Tout le monde ici est persuadé que le squelette qu’elle contient est bien celui de Petit Jean.
- Jusqu’au milieu du siècle dernier, près de l’autre pierre tombale, était suspendu un grand arc traditionnel. On pense que cela a été l’arc de Petit Jean. Il y avait aussi des flèches et un chapeau vert orné d’une chaîne. On pense que ces objets lui ont appartenu.
- Hollywood a toujours associé Robin des Bois à la forêt de Sherwood. Mais ici, les vestiges renforcent la conviction qu’il évoluait plutôt dans les bois de Barnsdale, une immense forêt s’étendant du Nord du Derbyshire au Sud du Yorkshire.
- Robin est certainement né à Wakefield qui se trouve à l’Est du Yorkshire. D’ailleurs de nombreux lieux ici portent des noms se rapportant à Robin des Bois. Nous sommes donc convaincus que c’est à Barnsdale et dans notre région que Robin des Bois vivait.
- Pour moi, il fait partie de l’Histoire. Il n’est devenu une légende qu’à travers le cinéma hollywoodien.
Selon les archives les plus anciennes, Robin des Bois avait en effet pour refuge les Bois de Barnsdale, et non ceux de Sherwood. Dans ces textes, il n’est pas encore noble. Mais sa lutte est déjà celle d’un homme épris de justice et de liberté.
Toujours présente dans ses aventures, son arc est d’ailleurs plus qu’une arme, c’est le symbole d’une lutte.
Ici, nous sommes dans la dernière archerie traditionnelle d’Angleterre. Des arcs de compétitions sortent de cet atelier. Keith Gascoigne est d’ailleurs l’inventeur des arcs en carbone. Mais sa passion, c’est l’arme fétiche de Robin et de Petit Jean.
ITW KEITH GASCOIGNE - K. G. ARCHERY
- Nos ancêtres possédaient un arc de la même taille qu’eux mêmes. C’est ce qui leur a donné le nom de grand arc. Ils devaient faire la même taille que leurs propriétaires. Un petit homme avait un petit arc.
Et Petit Jean, qui était de grande taille, en avait un aussi grand.
- Voici le type de flèches qu’il devait utiliser. Aujourd’hui encore, tout comme celles utilisées par Petit Jean et Robin des Bois, les plumes sont cousues et très bien fixées à la base. C’est exactement comme cela qu’elles étaient fabriquées aux 10°, 12° et 13° siècles.
- Petit Jean aurait probablement utilisé un arc en bois d’if anglais, car c’était le bois le plus raffiné. Mais il faut garder à l’esprit qu’au Moyen-âge, il y avait beaucoup plus d’if.
- Habitant des bois, la plupart des archers étaient tout à fait capables de se fabriquer eux mêmes leurs grands arcs. Ils n’utilisaient pas que de l’if, mais les plus doués se constituaient leurs arcs à partir de ce bois.
- Un arc anglais traditionnel est plat d’un côté et arrondie de l’autre.
- Du fait de la qualité du bois, inférieure à celle que l’on connaissait par le passé, il m’a fallut combiner différents types de bois. Pour garantir la longévité de l’arc, j’ai découpé les pièces de bois, pour les ré-assembler en un composite résistant.
La fabrication d’un arc traditionnel n’a pas changé. Mais les hommes de Robin avaient d'autre outils..
- Ils utilisaient quelque chose comme ça. C'est un très ancien outil, comme ceux qu'utilisaient nos ancêtres.
Celui-ci a environ 200 ans.
- Ce que c’est puissant... !!
Jusque dans les dernier instants de Robin des Bois, son arc continuera à faire partie de sa légende. Sous les murs du Château de Nottingham, nous avions remarqué une fresque. Elle nous lance sur les traces de la tombe du vrai Robin des Bois. S’il a existé, il doit être enterré quelque part.
Nous sommes alors invité à nous rendre à Kirklees, sur l’actuelle propriété de Lady Armitage.
Ici, dans un ancien couvent, Robin serait mort dans les bras de Petit jean.
ITW DAVID NORTHCLIFF - GUIDE
- L’histoire telle que nous la connaissons, est que Robin a été saigné à mort dans le bâtiment qui existait avant celui-ci.
Dans un souffle ultime, il aurait fait part de sa volonté : “Je vais tirer ma dernière flèche, et là où elle tombera vous creuserez ma tombe”.
- Je ne crois pas qu’un homme pratiquement mort ait eu la force de bander un arc traditionnel anglais, car ils sont très grands et demandent beaucoup de force.
- Ils peuvent envoyer une flèche très loin, mais il faut être fort pour les manier.
Je crois donc que Petit Jean a tiré cette flèche pour lui.
La tombe de Robin n’a jamais été ouverte. Les propriétaires du terrain ont voulu éviter de donner de la crédibilité à la légende. Et de risquer ainsi de transformer le site en un lieu de pèlerinage pour tous les admirateurs de Robin des Bois.
C’est parait-il, la première fois que Lady Armitage autorise une équipe de télévision à filmer l’endroit.
- Je ne sais pas si vous avez réalisé, mais ceci est un if, l’arbre à partir duquel on fabriquait les arcs que Robin et ses compagnons - ainsi que l’armée anglaise d’ailleurs - ont utilisé pendant des siècles. Il est plutôt approprié qu’il soit enterré sous un if !
Une tombe, dont l’inscription est rédigée en vieil anglais, indique qu’ici repose le comte de Huntdington, dit Robin des Bois. Une des pistes de recherche des historiens.
Dans ce dédale d’histoires qui nous ont mené de Nottingham jusque dans le Yorkshire, nous avons découvert d’autres légendes, moins connues. L’une d’elles raconte que Robin des Bois serait devenu pêcheur dans la ville de Scarborough. Selon ce récit, il aurait réussi à repousser une tentative de débarquement de pirates français. Toujours entouré de ses fidèles compagnons.
Un petit port de pêche, au nord de la ville garde la mémoire de cet exploit peu commun. Son nom de s’invente pas : Robin Hood’s Bay.
ITW PETER CLOUGH - LIBRAIRE
- Je crois qu’il est peu probable que le comte de Loxley - Robin des Bois - ait été pêcheur.
- Il est vraisemblable que tout ceci soit une rumeur et qu’il n’y ait pas d’éléments de vérité dans cette affaire. Mais selon un récit, Robin des Bois s’est rendu un jour à Ronsick Bay avec des pêcheurs. Ils ont été attaqué par des pirates. Robin a sorti son arc et les a repoussés. Ils n’ont donc pas pu retourner à leur point de départ avant la nuit. Ils se sont alors réfugié dans cette baie à laquelle on a donné son nom.
- Robin Hood Bay est apparue pour la première fois sur une carte -hollandaise d’ailleurs- au 16° siècle. Robin des Bois a vécu au 13° siècle...
Il y a donc 200 ans pendant lesquels la baie n’a pas figuré sur une carte, même pendant que Robin des Bois était vivant.
Certains pensent que Robin Hood n’était peut-être dans le temps qu’un surnom pour les criminels. Un Robin Hood, comme on aurait dit chez nous, un monte en l’air !
Des chercheurs considèrent même que toute cette histoire est de la pure fiction. Un personnage inspiré des légendes celtes des peuples magiques de la forêt : Au moyen âge, Robin étant un nom couramment donné au Malin, au Diable.
Robin des Bois continue d’être associé à une action noble qui ne trouve son expression que dans l’utilisation de moyens illégaux.
L’histoire de la Grande Bretagne est riche de hors la loi qui se réfèrent à l’esprit de Robin des Bois.
Aujourd’hui encore, des écologistes radicaux utilisent le célèbre patronyme.
La légende de Robin des Bois n’est donc pas près de s’éteindre !





